Editorial

En France, 10% des informaticiens sont indépendants. Ils ont généralement été salariés de SSII durant 5 à 15 ans avant de se mettre à leur compte. Ils exercent sous diverses formes juridiques (EI, EURL, SARL, ...). Leurs charges sont un peu plus élevées que celles d'une activité salariée, mais ils ne supportent pas tous les frais de structure (direction, commerciaux, bureaux, secrétariat, ...) qui pèsent sur leurs confrères de sociétés de service.

Tous les éléments seraient donc réunis pour un partenariat gagnant-gagnant. Les entreprises disposant d'un important réservoir de compétences au meilleur coût , et les informaticiens indépendants pouvant exercer à une tarification récompensant leur volonté d'entreprendre. Dans la pratique, rares sont à ce jour les entreprises qui profitent réellement de cette manne. Nous allons en étudier les raisons.

Trouver le bon indépendant

La localisation d'un indépendant sur des critères de compétences techniques et fonctionnelles étant difficile, un marché d'intermédiaires commerciaux a fructifié. Les SSII soutraitent à des indépendants, certaines massivement, et souvent même à d'autres structures intermédiaires qui recherchent la compétence indépendante pour elles. L'informaticien indépendant est finalement revendu sensiblement "margé", rejoignant approximativement un tarif standard de SSII.

Malgré ce handicap, le marché a toujours autant recours aux indépendants, en raison de leur haute technicité et de leur autonomie. Mais cette situation leur est également préjudiciable, car cette inflation tarifaire est un frein aux prolongations de mission, générant plus d'inter-contrat.

Référencer = sur-facturer ?

La politique d'achat de certains grands groupes doit aussi être examinée. Afin de peser sur les achats par des négociations globales, certains donneurs d'ordres ont décidé de ne travailler qu'avec un cercle restreint de sous-traitants, dits "référencés".

Dans la pratique, comme aucune SSII ne peut prétendre avoir toujours la bonne compétence au bon endroit et au bon moment, ces "référencés" sous-traitent beaucoup et les Directions Informatiques doivent souvent faire semblant d'ignorer qu'il y a autant de prestataires de sociétés tierces et d'indépendants dans leurs murs que par le passé, dont elles sont satisfaites au demeurant, mais qu'elles payent trop cher par empilement de marges.

Regrouper ses achats demeure un moyen d'optimiser son budget, mais à condition de ne pas l'ériger en dogme à 100%. Cette sagesse commence heureusement à faire son chemin.

Quand la législation s'emballe

La présomption d'indépendance, instituée par la loi Madelin, avait été inversée par la loi Aubry du 19 janvier 2000. Cette mesure a causé grand tord à ceux qu'elle pensait défendre. Dans quelques cas rares, des indépendants en mission de très longue durée ont demandé, et obtenu, la requalification d'un contrat de prestation en contrat de salariat. Ces faits ont été amplement exploités par certains commerciaux de SSII, conseillant à leurs clients de ne jamais faire appel à des indépendants sans leur intermédiaire.

Fort heureusement, la loi n° 2003-721, dite "pour l'initiative économique" a, en date du 1er août 2003, rétablit la présomption de non-salariat dans son article 23. Mais tout le monde ne le sait pas encore et certaines rumeurs ont la vie dure.

Conclusion

A notre époque de crise, les entreprises n'ont aucune raison de se priver des informaticiens indépendants (ce qu'elles n'ont jamais fait), ni d'acheter leurs prestations trop cher (ce qu'elles font encore beaucoup). Vos prestataires informatiques peuvent être des indépendants comme le sont votre médecin, votre avocat ou votre expert comptable. Il suffisait de concevoir un outil efficace de sélection et de mise en relation, faisant barrage aux intermédiaires. Cela a été notre objectif.

En ce début d'année, nous vous souhaitons la réussite de vos projets, dans des coûts allégés.

Patrick van Straaten - Fevrier 2009